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jeudi 14 août 2008

Biographie



Je suis né en 1950 au nord du Maroc.
Je ne suis pas poète ( car la poésie n'est pas mon métier).Je fais semblant de l'être.Mes textes ne sont que du Blabla...

Je blablate donc j'existe.




dimanche 20 juillet 2008

La route du mensonge



Je veux bien oublier

mes sept péchés

Les arbres fruitiers

refusent d'abandonner

leurs feuilles mortes

sur un sol embrasé

L'adieu est un couteau

son cri

a déchiré sa langue

Et ses mots sont restés

debout sur un feu

venu hors du temps

Faut-il emprunter

la route du mensonge

pour rencontrer par hasard

Des réponses

plus dures

que le venin...?

©Mohamed El jerroudi

samedi 26 avril 2008

Mémoire morcelée




Je vous salue
Travailleurs de la terre et du feu
L’oeuil avale le soleil jusqu’à l’épuisement


Hommes demeurés seuls
Comme des blessures gravées sur la peau du temps
Vous êtes les maîtres des mystères et des songes


Si je pouvais faire le tour des contrées
Que vous avez traversés
Je vous dirais que la source qui nous a enfantés
A vieilli

Si je pouvais vous rencontrer loin, loin de chez nous
Je vous construirais sur la paume de la main
Notre maison avec un peu d’argile et des larmes
Tendres comme les yeux de nouveau-né

Aujourd’hui notre mémoire s’est morcelée
Et nos rêves se sont évanouis dans le vide

Mémoire…l’argile ignore l’existence des sentiers
Parsemés de pierres verticales

Montagnes…autrefois royaumes indomptables
Traînent la déchirure de l’absence

Le souvenir de notre pays natal ne nous a jamais quitté
Il est suspendu aux sanglots des ruisseaux solitaires
Le murmure du départ voyage dans nos têtes
Comme l’étoile polaire

Soif…mémoire de l’eau
Nos yeux sont transpercés de milliers de puits
L’errance porte son errance de mirage en mirage.


© Mohamed El jerroudi

vendredi 25 avril 2008

Homme noir au cœur blanc.

Aimé Césaire (1913-2008)



Homme noir Qui a inventé le poème
Qui a su dompter le mot
Pour que ton peuple noir
Chante le mot INDOMPTABLE



Homme noir
A la tête haute
Comme le toit du ciel
Tu as déchiffré l’alphabet
De tous les mystères



Homme noir
Qui a réinventé le peuple noir
Tu as su défier tous les regards
Avec ta peau noire




Homme noir
Qui a fait vibrer les cœurs
Et inventé la lumière
Tu es la lumière




Homme noir
Au cœur blanc qui a voyagé
A travers les âges du feu et la cendre
Au prix de ta sueur et du sang



Tu as su traverser
Tous les rivages du monde
Tu as semé des pépites de rêve
Aux quatre coins du monde


Pour accoster un jour
Au cœur de ton pays
Natal.


© Mohamed El jerroudi

samedi 9 février 2008

BEN CHEFFAJ Saad , ou les revers de l'indicible.









© BEN CHEFFAJ Saad
BEN CHEFFAJ Saad est représentatif de divers aspects de la peinture marocaine. Actuellement, et depuis toujours, il est hanté par le désir de vaincre toute entrave, afin de construire un dialogue fructueux. BEN CHEFFAJ Saad n’est pas seulement un artiste peintre mais un intellectuel conscient de son rôle dans la société. Il a toujours combattu la laideur artistique, la bêtise humaine et la terreur de l’ignorance. Pour lui, l’artiste a des responsabilités à assumer et il est de son devoir de s’en acquitter. Aider à comprendre, interpeller, former, initier sont autant de tâches dont se serait investi un artiste. Chez le peintre, ces tâches sont une mission, et cette mission est une raison d’être.


BEN CHEFFAJ Saad ne se contente pas de contempler et de méditer mais il engage le dialogue avec lui-même et avec l’autre. Sa maîtrise d'une technique singulière et du pinceau le place dans la trempe des artistes qui ont marqué l’histoire de l’art. C’est exactement cet esprit pluriel de l’artiste qui est mis en exergue dans ses oeuvres. Il prône la différence et condamne l’indifférence meurtrière.







Revers, envers, travers. Frontières, entre-deux, écarts. Autant de termes qui énoncent l'instabilité des postures et des représentations que Saâd Ben Cheffaj nous révèle. Dans son œuvre, le bas côtoie le haut, le masculin s'incorpore au féminin et inversement, dans un monde où l'envers se frotte à l'endroit, le religieux fréquente le sexuel.


Dans sa peinture, l'image et le jeu sur le matériau visuel occupent une place centrale. Chaque tableau montre comment le dispositif pictural est construit sur un modèle de surveillance qui questionne le statut du spectateur. Une oeuvre, axée sur une technique de la transgression et du mal, précise les traits d'une esthétique poly sexuée qui exhibe la circulation des identités sexuelles, sociales et
imaginaires, en truquant les images et en piégeant l'identification visuelle.



Nul doute que cette œuvre inclassable, dérange car elle parle de l'humain, de la profusion des identités qui déstabilise les repères, de l'énergie pulsionnelle qui s'incarne dans un objet de désir qui peut être féminin, masculin ou relevant d'un troisième genre.




©Mohamed El jerroudi


lundi 17 décembre 2007

Vision de l’intérieur.













© Monia Touiss








Chacun construit son itinéraire intime en fonction de sa sensibilité, au hasard de la confrontation avec l’œuvre. La forme est rarement réaliste chez Monia Tuiss. Ou alors elle se fragmente en différents aplats et oblige à inventer des points de vue pour percevoir un ensemble. À chacun sa cohérence du tout. C’est comme dans la vie.








Chacun son chemin à travers l’espace, les couleurs et les gestes. Les œuvres de l'artiste se font chemins tendus dans l’espace, laissant imaginer le modelage initial, le geste et les mains qui ont pensé l’articulation multiforme de sa peinture.

Une peinture qui s’invente parcours et territoire. Maquette d’un univers à vivre et à ressentir. Intériorité de la réception qui devient expérience singulière, privée, secrète.

©Mohamed El jerroudi






vendredi 21 septembre 2007

Visage







A qui appartient

ce visage cendré

écorché



Enterré

vivant

de l'autre

côté


du


miroir


Ses cris

se heurtent

à des portes

et fenêtres


CLOSES...


comme

des bouches

cousues


Ce visage


oui...!



Ce visage



serait-il

le mien...?




© Mohamed El jerroudi
Oeuvre© Mohamed Bennani

jeudi 13 septembre 2007

Rêves au dessus d'un nid d'oiseaux

ouvre de © Farid Belkahia


Rêver

c'est séduire les ténèbres

L'ombre déchire les arbres

et les oiseaux ne retrouventplus leurs nids




La nuit leur refusede survoler les dunes

qui leur cachent ,le visage de la lune




Pour se détendre

les oiseaux survolent la surface de l'eau

Ils regardent les nuages

jouer aux bords des rêves

qui s'évaporent derriere les horizons




La mer ouvre ses portes

aux barques qui voyagent

vers des rivages étoilés




Les vagues et les rochers

s'embrassent

comme de vieux amis.



© Mohamed El jerroudi

vendredi 7 septembre 2007

Ma boussole




Toi femme
qui m'as vu naître
Toi qui as entendu
mon premier sanglot
J'ai souvenance
de ta souffrance
Elle me colle
encore à la peau
comme l'unique
parfum de tes cheveux
je te jure
par le sein
que tu m'as donné
que je porterai
ta douleur
Sur mon front
Sur les chemins
qui nous ont séparés
Je porterai ton sourire
tout haut
comme une boussole
Puisque tout a changé
puisque rien
n'est plus
comme avant...
©Mohamed El jerroudi

mercredi 5 septembre 2007

Chemin sans retour.


Je lis
les paroles des vagues
sur le dos d'un naufragé
Sa peau salée
me dit l'épreuve du temps
Son corps épuisé
me cache des blessures
qui ne guérissent jamais
J'expose au vent
mes yeux ensablés
Et j'avance péniblement
sur un chemin
sans retour.
© Mohamed El jerroudi
Poème illustré par©Boujemaoui

jeudi 30 août 2007

Soif




Soif...

Mémoire de l'eau

Nos yeux sont transpercés

de milliers de puits






L'errance porte son errance

de mirage en mirage






Nos visages se noient

dans la cruauté des vagues






Le regard se perd

Les images se superposent

Les mots se bousculent







Un cri...

à peine audible

évoque le fouet


de la noyade.






© Mohamed El jerroudi


Tableau©Bouchta El Hayani

samedi 25 août 2007

Désert.



Au delà
des chemins lointains
je reviens de loin
avec une parole talisman


Tel un livre ouvert
je parle de l'innomable


Tel un sourire lumineux
comme le duvet d'un moineau


Je pose ma main sur les visages
de ceux qui sont effreyés
par le silence du désert






© Mohamed El jerroudi

mardi 21 août 2007

Absurdité

Homme qui a sillonné

les dédales de la sagesse

Toi qui as domestiqué

l'invisible

Aurais-tu un peu de temps
pour me dévoiler
le secret de mon énigme...?


Les enseignes lumineuses

m'ont creuvé les yeux


Il me faudrait des ailes

larges comme le ciel


Pour survoler l'absurdité

de mes jours....


©Mohamed El jerroudi

jeudi 9 août 2007

La mélodie du silence.

La mélodie
du silence

viendra de loin
de la blancheur
du néant

faire parler
les muets

Ils diront
à haute voix
ce que les beaux
parleurs

n'oseraient
pas proncer

même
quand
la douleur
leur broie

le coeur.




© Mohamed El jerroudi

Oeuvre de ©Nicolas de Staël

mercredi 8 août 2007

Des mots simples

J'ai perdu mon visage

dans la poussière

des légendes





J'ai appris la douceur

des mots simples

dits par les bouches

des pauvres





J'ai appris à aimer

les lèvres tendres

qui chantent à la terre

des poèmes dorés

comme la couleur

du pain





Là-bas

j'habiterai le commencement

des rêves impossibles

Je resterai seul temoin

de ces voix lointaines

qui nous viennent

d'un autre monde





nous dire...

Comment le temps

nous dévore

et nous déshabille



devant la mort.

© Mohamed El jerroudi

Dessin de © Ahmed Ben yessef












dimanche 5 août 2007

'A l'ombre d'un olivier

Ta mère t'attendra
à l'ombre d'un olivier
avec un bol de lait
et une poignée de figues

Tu iras jusqu'à la source
de tes ancêtres
te laver les pieds
de toute trace
de voyage
Tu monteras sur le toit
de notre maison
Et tu attendras
le réveil du soleil

Tu jetteras des pépites
de rêves aux oiseaux
qui iront les semer
aux quatre coins

du monde.




© Mohamed El jerroudi

OEUVRE DE © Ahmed Ben yessef



vendredi 3 août 2007

Le serment du sel

Jamais je n'ai trahi
le serment du sel
ou ignoré
les profondeurs du coeur
ni les liaisons intérieures


Le sel...?
Je sais reconnaître
en lui sa juste valeur


Jamais je n'ai tendu
ma main vide
avant de l'exposer à la chaleur
de mes lèvres


Le baiser que je partage
dans les moments absurdes
désarme
les monstres de la peur


Ma parole infallible
ne saurait troquer
une pincée de sel
contre le toit du ciel.



©Mohamed El jerroudi

lundi 30 juillet 2007

Les pas du temps


J'ai laissé une plaie

Grande ouverte

Derrière mon coeur



Je suis parti chercher

Quelque part

Dans l'immensité

De l'univers



Une Lumière

Qui ne fait pas de différence

entre le désordre des distances




Une Lumière abrégeant

Les pas du temps

En un seul mot



Alors je tends l'oreille

Pour écouter

La solitude



Qui habite ce monde

En perte

De vitesse.


© Mohamed El jerroudi

dimanche 29 juillet 2007

Fleuve de miel


Oeuve de© Abdelkrim Ouazzani


De la bouche de mes ancêtres
le blé n'a jamais manqué
de parole à sa terre



Le pollen n'a jamais déserté
les pétales de sa rose
L'olivier n'a jamais oublié
l'ombre de son ombre



C'était à l'aube des temps révolus
C'était à l'aube des temps futurs
Quand j'étais une goutte transparante
dans le ventre de ma mère



La sueur des fronts
coulait dans la mémoire
comme un fleuve de miel


©Mohamed El jerroudi
Tableau de© Abdelkrim Ouazzani